« FAUT-IL ATTENDRE QU’IL TUE QUELQU’UN POUR QUE LA JUSTICE BOUGE ? »… UN RIVERAIN TERRIFIE UNE RUE PRèS DE DIJON

Que se passe-t-il à Marsannay-la-Côte ? Le long d’une route bordée de pavillons, un voisin multiplie insultes, agressions physiques. Malgré les plaintes des riverains, « rien n’avance », « ni ne bouge »

« mes chers voisins » - Que se passe-t-il à Marsannay-la-Côte ? Le long d’une route bordée de pavillons, un voisin multiplie insultes, agressions physiques. Malgré les plaintes des riverains, « rien n’avance », « ni ne bouge »

Depuis plusieurs années, un conflit de voisinage pourrit la vie de certains habitants de la commune de Marsannay-la-Côte, près de Dijon, où agressions physiques, insultes, railleries sont presque devenues quotidiennes. Malgré les plaintes, les articles de presse parus il y a un an, dont l’un de 20 Minutes, ou les reportages télévisés, « rien n’avance » et des habitants de la route des Grands Crus où sévit ce voisin indélicat « vivent dans une terreur totale », alertent ces derniers.

Fabienne, une des riveraines, est désespérée, voire apeurée. « Mon agresseur ne s’est pas présenté au tribunal de police le 14 juin, et comme mes jours sept jours d’ITT de janvier dernier ont été réévalués à quinze jours, après qu’il m’a sortie de mon véhicule qui était garé sur le trottoir devant chez lui en me traînant par les cheveux, il devra passer en correctionnelle. Mais je n’ai aucune date de procès. Il ne se présente pas, et en attendant on subit et ça traîne encore », explique la quadragénaire.

Face à cette « inertie », les voisins ont créé l’association Marsannay sérénité de la route des Grands crus afin de se faire entendre un peu plus auprès de la justice. Des plaintes ont été déposées. Mais la situation perdure. « Il était convoqué au tribunal de police dernièrement pour une autre plainte, il ne s’y est toujours pas présenté. Personne ne nous aide. La justice ne donne aucune nouvelle. »

« Personne ne bouge »

Contacté par 20 Minutes, le procureur de la République de Dijon, Olivier Caracotch, a répondu s’être « déjà exprimé sur cette situation » et que « les évolutions récentes ne justifient pas d’autres compléments que de préciser que l’intéressé demeure poursuivi lorsqu’il commet des infractions qui apparaissent caractérisées, comme cela a été le cas récemment devant le tribunal de police ». Quant au maire de la commune, que nous avons également contacté, il n’a pas, au moment de la parution de cet article, souhaité répondre à nos questions.

Et maintenant ? « La gendarmerie se déplace, puis repart, voilà. Lui ne se déplace ni pour les plaintes, ni au tribunal, ni aux convocations des gendarmes, il n’en a rien à fiche », se désespère Fabienne. Des mois qui passent, et des riverains qui restent dans l’incompréhension. « Ce que n’acceptons pas, c’est que personne ne bouge. Nous ne savons plus vers qui nous tourner. Il continue ses agressions, de ricaner, de nous provoquer, d’insulter. Faut-il attendre qu’il tue quelqu’un pour que la justice bouge ? »

Pollution visuelle dans sa cour

L’association Marsannay sérénité de la route des Grands crus, regroupant 25 voisins a été reçue par « le procureur de la République, le 2 juin avec le maire de la commune ». « On nous a dit que ça allait bouger, mais en attendant, rien. La semaine passée encore, on a indiqué qu’il marchait sur le trottoir avec sa tronçonneuse en marche, mais on nous a dit qu’il en a le droit ! On a peur, il y a des enfants qui vont à l’école. »

Autre objet de dispute, des encombrants « qu’il va récupérer à la déchetterie » et amassés dans sa cour aux yeux de tous et notamment des riverains. « Une plainte pour cette pollution visuelle a d’ailleurs été déposée par l’association en juillet, mais là encore, rien », ajoutent les habitants. « Il y a de tout, des jouets d’enfants, des télés, des bidons, un matelas de plage gonflable, une voiture à pédales, etc. avec des prix pour ses déchets comme si c’était un commerce », souligne sa voisine.

Ce capharnaüm « détruit tout espoir […] de vendre sa maison » pour ceux qui veulent fuir cette situation, explique l’association. « Nous sommes quand même situés sur la route des grands crus, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, rappelle Fabienne, et voilà ce que l’on a. » Et à chaque sortie de chez eux, la peur survient. « On se demande ce qu’il va se passer. On est toujours aux aguets. »

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2025-11-04T07:38:31Z