"J'AI CRAQUé, JE L'AI ATTENDU EN BAS": CES PROPRIéTAIRES QUI SE FONT JUSTICE EUX-MêMES FACE AUX SQUATTEURS

Face aux loyers impayés et aux squatteurs, de nombreux propriétaires ne passent plus par la case légale et les longues procédures judiciaires. Ils préfèrent interagir directement avec les indélicats quitte à les menacer parfois physiquement. Deux d'entre eux se confient sur RMC.

C'est une décision de justice qui choque. Karine Lellouche, une quinquagénaire dont la maison était squattée, a été condamnée pour avoir tenté de déloger de force l'homme qui occupait sa propriété à Andernos (Gironde) en faisant appel à des intermédiaires. Elle a reçu le soutien de David Lisnard le président de l'Association des maires de France (AMF) et de l'ancien gardien de l'Equipe de France Grégory Coupet.

Pourtant, la loi Kasbarian devait protéger les propriétaires bailleurs des squatteurs en facilitant leur expulsion. Mais malgré cela, il faut pouvoir prouver qu'il y a eu effraction, voie de faits ou contraintes.

Face à ces difficultés, certains bailleurs n'hésitent plus à gérer eux-mêmes les situations d'impayés ou le squat de leur propriété. Quitte à friser avec les frontières de la légalité.

"Entre la fiscalité et la justice, on n'y arrive plus"

C'est ce qui est arrivé à Michael, chef d'entreprise: "J'approuve ce que cette femme a fait. J'ai eu une locataire qui avait des difficultés et que j'arrangeais. Elle a décidé de faire la morte, j'ai débarqué un dimanche matin et je lui ai dit qu'elle avait 2 jours pour payer sinon je la mettais à la porte", raconte-t-il ce lundi aux Grandes Gueules.

"Maintenant, c'est la première à payer. Désormais, dès que je signe un bail, je préviens mes locataires, je leur dis que je peux tout entendre mais s'ils ne paient pas et font les morts, je vous déménage sans passer par la case justice!", poursuit-il sur RMC Story.

"Entre la fiscalité et la justice, on n'y arrive plus. On se plaint qu'il n'y a plus de logement mais on n'a rien pour nous aider, donc on ne se laisse plus faire", ajoute Michael.

Il plaide pour une mobilisation citoyenne à chaque squat: "Il faut que le voisinage se mobilise. S'il y a du squat dans mon quartier, on fait le blocus de la maison, quand l'un sort acheter à manger, on l'empêche de rentrer et à la fin, ils sont dehors", assure Michael bailleur depuis 15 ans sur 9 logements qui lui appartiennent.

Du coup de pression à la présence physique

Si Michael s'est contenté de coups de pression, Hakim lui, a dû agir contre un locataire, un proche de famille, avec un bail et un loyer avantageux: "Je suis propriétaire de deux appartements. Tout se passait bien pendant 4 ans et ce locataire s'est mis à arrêter de payer le loyer", raconte-t-il.

"J'ai vite compris que j'avais affaire à une escroquerie qui a en quelques mois, entraîné des difficultés de paiements de charges de copropriété".

"J'ai fini par craquer, j'ai coupé l'eau dans un premier temps: 24h après j'ai coupé l'électricité. Et 24h après, sans violence, je l'ai attendu en bas avec des amis. Il m'a demandé 48h pour s'en aller. Je n'en suis pas fier mais en moins de 48h ça a fonctionné", assure Hakim.

"Mes appartements je les ai achetés en touchant 1400€ par mois, en restant chez ma mère, c'est un investissement!", ajoute Hakim. "Pour se sortir de ces situations, il faut un peu de toupet et d'audace", conclut-il.

2025-12-02T10:47:42Z