Y aura-t-il deux élections conjointes dans deux mois ? Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu agitent en tout cas la menace d’une dissolution en cas de chute du gouvernement. Le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI) ont chacun annoncé le dépôt d’une motion de censure après la signature – annoncée – de l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur. Le chef du gouvernement a ainsi chargé le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, de se préparer à l’organisation d’éventuelles élections législatives au même moment que les municipales – prévues les 15 et 22 mars.
Cette annonce n’a pas manqué de susciter des réactions au sein de la classe politique. « Vas-y, chiche, bonhomme ! S’ils veulent le faire, qu’ils le fassent, nous n’avons pas peur des élections », a répondu Jean-Luc Mélenchon lors d’un déplacement à Villeurbanne, dans le Rhône, pour les vœux du député Gabriel Amard. « Si le Premier ministre croit qu’il nous menace, il se trompe », a ajouté le fondateur de LFI, qui assure que son camp est « tout le temps prêt » pour un nouveau scrutin.
« Traduction : le Premier ministre Lecornu rappelle les députés PS et LR à la niche ! » a de son côté ironisé le député RN Alexandre Loubet, jugeant que le locataire de Matignon « fait pression pour qu’ils ne votent pas la censure du gouvernement ». Et de dénoncer : « Honte aux députés du système qui sacrifient le pays et la démocratie pour sauver leurs sièges ! »
Même son de cloche du côté de l’UDR. « Vous allez voir, les LR et le PS vont vite baisser le ton à l’égard du gouvernement… La peur des élections va vite prendre le dessus par rapport au sort des agriculteurs ! » a réagi Guilhem Carayon, vice-président du parti ciottiste.
De son côté, le député Place publique Sacha Houlié voit dans cette manœuvre « une provocation de papier d’une dissolution plus que fictive » face à « des parlementaires d’opposition responsables ». « Le contexte international comme l’urgence nationale de se doter d’un budget méritent mieux que des bouffonneries », assure l’élu de la Vienne.
Vendredi, le Premier ministre s’est indigné des « postures cyniques partisanes » de l’opposition, alors que la France « a une position claire sur le Mercosur » et votera contre. « Déposer une motion de censure dans ce contexte, c’est choisir délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes. C’est choisir d’affaiblir la voix de la France plutôt que de montrer l’unité nationale dans la défense de notre agriculture », a-t-il développé sur X, regrettant que « cette motion de censure retarde encore les discussions budgétaires, déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d’agenda électoral ».
2026-01-10T08:50:30Z