SARKOZY EN PRISON : CETTE DéCISION DE JUSTICE DANS L’AFFAIRE LIBYENNE VA FORCéMENT INTéRESSER L’ANCIEN PRéSIDENT

JUSTICE - La cour d’appel de Paris a maintenu ce mardi 4 novembre en détention l’intermédiaire Alexandre Djouhri, incarcéré comme l’ex-président Nicolas Sarkozy dans le cadre du procès libyen, en rejetant sa demande de mise en liberté.

« La cour considère que la détention reste justifiée au regard des éléments précis et circonstanciés de la procédure », a déclaré le président de la cour d’appel, soulevant le risque de fuite de l’homme d’affaires franco-algérien, condamné à six ans de prison en première instance.

De quoi assombrir les chances de Nicolas Sarkozy de retrouver la liberté ? Pas forcèment. La cour d’appel de Paris doit examiner le 10 novembre la demande de l’ancien chef de l’État, trois semaines après son entrée derrière les murs de la prison de la Santé.

Double nationalité et attaches familiales à l’étranger

Or, comme le souligne sur X la reporter Noémie Schulz présente sur place, la cour a justifié sa décision concernant Djouhri ce mardi notamment à cause d’un risque de fuite à l’étranger du prévenu. Ceci en raison de sa double nationalité franco-algérienne et d’attaches familiales en Suisse et en Grande-Bretagne.

Ce qui n’est pas le cas de Nicolas Sarkozy qui ne possède que la nationalité française. C’est d’ailleurs ce que sa défense met en avant depuis son incarcération, expliquant que le concernant le risque de fuite n’existe pas. En outre, la semaine dernière, la cour d’appel a tranché pour la libération de l’ex-banquier Wahib Nacer.

Concernant Alexandre Djouhri, la cour a relevé qu’il a présenté à l’appui de sa demande de mise en liberté des garanties « particulièrement faibles ». Or l’intermédiaire, au patrimoine et à l’activité professionnelle flous, est « impliqué dans une série de faits qui présentent la particularité de se trouver à la frontière entre le monde des affaires et le fonctionnement des États et qui sont de nature à vicier le fonctionnement de l’un et de l’autre », a-t-elle indiqué.

« Alexandre Djouhri est une nouvelle fois renvoyé à sa binationalité franco-algérienne, soi-disant susceptible de fuir en Algérie. C’est toujours un deux poids deux mesures insupportables, un délit de sale gueule », a déploré son avocat Charles Consigny à l’issue du délibéré.

« Capacité corruptive »

L’homme d’affaires de 66 ans, en détention provisoire depuis le jour de sa condamnation, aura la possibilité de reformuler une demande de mise en liberté dans les prochaines semaines, avant le procès en appel.

Le 25 septembre, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Alexandre Djouhri à six ans d’emprisonnement avec incarcération immédiate et trois millions d’euros d’amende pour avoir été au cœur de schémas financiers complexes impliquant de hauts dirigeants libyens.

L’intermédiaire a notamment été reconnu coupable d’avoir organisé la vente fictive de deux tableaux pour permettre à Claude Guéant de toucher un demi-million d’euros.

« Les faits montrent sa capacité corruptive à un très haut niveau, non seulement d’un agent public étranger, mais également de celui qui était alors secrétaire général de l’Élysée », ont estimé les magistrats du tribunal correctionnel dans leur jugement.

2025-11-04T14:41:02Z